Je me sens secouée. Je cligne des paupières plusieurs fois. Des sortes de ronds de lumières m'éblouissent. Je mets une main devant mes yeux pour les protéger de ces lueurs désagréables. Il fait sombre, je suppose que la nuit est tombée. Je regarde autour de moi pour que mes yeux s'habituent doucement au décor. Je réalise que nous sommes dans un centre-ville plutôt immense et coloré. Je lève les yeux vers la droite et je vois Ayumi qui regarde avec curiosité dehors. C'est alors que je me lève d'un bond et me cogne la tête au plafond de la voiture. Je retombe aussitôt en me tenant la tête et en étouffant des gémissements de douleur. Décidément, ma maladresse ne guérira jamais. Ayumi me frotte doucement la tête pour faire passer mon mal. Je soupire un bon coup et regarde mon père.
Aimi : Hé papa, on est où ?
Père d'Aimi : (Tout sourire) Nous ne sommes plus qu'à quelques kilomètres de ta villa, ma chérie.
J'ai du mal à en croire mes oreilles.
Aimi : (S'écrie) Quooooiiiiii ?! Mais... mais... j'ai dormi combien de temps moi ?
Ayumi : Oh, deux trois bonnes heures.
Car oui, nous étions à Osaka à notre départ, et maintenant quoi ? On se retrouve en plein Tokyo ? Je vois que nous nous éloignons du centre ville. Je vois la baie de Tokyo. Waouh, c'est tellement grand ! Tellement illuminé ! Je suis sous le charme. Cette ville est vraiment tout ce que je voulais. Modernité. J'ouvre la fenêtre et respire un bon coup, je sens que mon coeur est à l'apogée du bonheur. C'est décidé, je ne me retiens plus.
Aimi : JE T'AIIIME TOKYOOOOO !!
Père d'Aimi : (Eclate de rire) Aimi, voyons ! Quoique non, je te laisse dégager ta joie.
Aimi : (Crie de toute ses forces) NYYAAAPPPYYYYY POOOOWAAAAAAA !
Ayumi me regarde ébahie, et ne peut s'empêcher à son tour d'éclater de rire.
Aimi : (Regard soupçonneux) Pourquoi vous me regardez comme si je m'échappais de l'asile ? T_T
Ayumi : Parce que c'est exactement d'où tu viens ! (Eclate de rire)
Aimi : Han ! (Air faussement hautain et blessé) Je suis très très mais alors très vêxée ! Pffft ! Personne me comprends >_<
Père d'Aimi : Calmes-toi un peu ... Nous sommes arrivés.
Aimi : (Toute excitée et gigote) Non ? Non ?! Sérieux ?! Kyaaah je veux, non, j'exige, de sortir immédiatement de cette voiture !!
Je ne peux m'en empêcher. Je défais ma ceinture et ouvre la portière. Je me précipite dehors et admire devant moi mon nouveau toit. Une villa aux teintes claires, aux décors modernes. Oh, j'aperçois le bout d'une terasse derrière et oh joie ! Une piscine en prime ! La pelouse est parfaitement tondue, et il y a de grandes plantes bien vigoureuses qui décorent l'entrée. Un petit chemin pavé en pierres de couleurs mènent à une double porte vitrée blanche. Je suis heureuse, si heureuse ! Je trépigne sur place et me jette dans les bras de mon père pour l'embrasser. Sans oublier bien entendu le père d'Ayumi, qui lui laisse la possibilité de vivre avec moi. Mon père et moi, on se regarde, gênés. On a décidé de couper court les au revoir. Nous ne sommes ni lui ni moi doués pour ce genre de choses. Après qu'Ayumi ai salué son père en le serrant dans ses bras, nos affaires sont sur le grand trottoir. Ayu' et moi tournons la tête exactement en même l'une vers l'autre. Nous nous retenons de sourire mais puis, pourquoi ? Nous crions notre joie sans conversation, on se jette dessus, on s'embrasse, on danse, on chante, on sautille ! Je n'ai jamais été aussi heureuse ! C'est alors que j'entends des rires de garçons derrière moi. Je me renfrogne aussitôt. Ca y est, le côté "dark" est apparu. Je me retourne sans même prêter attention aux gars qui sont devant moi. Tout ce que je sais, c'est qu'ils sont cinq.
Aimi : (Agressive)
Hé oh, vous allez arrêter immédiatement de rire ! Je ne plaisante pas ! Bon Ayu', tu viens oui ? Faut rentrer nos valises !
??? : Pardon ? Désolé ? Mademoiselle, c'est là que vous comptez ranger vos bagages ? Dans cette villa ?
Aimi : (Froide) Oui c'est exact, pourquoi ?
??? : Eh bien pardonnez mon impudence... mais cette villa est à nous.
Aimi : (Silencieuse puis éclate de rire) Pardon ! Oui mais oui bien sûr, allez vous coucher ! >_< Bon Ayu' qu'est-ce que t'as, tu dors ?!
Je me retourne vers elle et me rend compte qu'encore une fois, elle a la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés, un index tendu en direction des garçons derrière moi.
Aimi : (Lève les yeux au ciel et laisse retomber ses bras) Quoi ? Qu'est-ce que tu as ? Ils sont beaux c'est ça ?
(Lui prend son bras) Bon allez moi j'ai sommeil, oui ne me fais pas de remarques je sais que j'ai dormi dans la voiture mais je m'en contre fous je veux, et j'exige, de dormir !
Ayumi : (Toujours dans la même position, et bégaye) C'est... c'est.. les... les... An... An...
Aimi : -_-"
(Agite sa main devant son visage) Hé oh ! ... Je supporte pas qu'on m'ignore !
??? : Bon excusez-moi mais nous on veut rentrer chez nous, là.
Aimi : (Cinglante) J'en ai rien à fiche de vos états d'âmes, monsieur !
Ayumi : (Tire Aimi vers elle et lui chuchote dans l'oreille avec une voix suraigüe) C'est AN CAFE !
Aimi : Hein ? De quoi ? Tu veux un café ? T'en prendras un à l'intérieur et en plus, ça contient de la caféine, t'arriveras pas à dormir !
Ayumi : >___<" Aimi, je crois qu'il faudrait laisser notre villa à AN CAFE ! A-N-C-A-F-E. T'as compris là ou pas ?
Aimi : Oui oui j'ai tout à fait entendu.
(Baille mais met sa main devant sa bouche) Je suis fatiguée là. Lessivée. Et je... je ... je ...
(Eternue) J'ai chopé un rhume ! >_< Quoi ? T'as dis An Cafe ?
Je me retourne vers eux. Non mais... c'est une lubie, une illusion, un hologramme, cette chose, ces garçons, ne peuvent tout simplement pas être réels ! Bah non, c'est sûrement qu'ils leurs ressemblent beaucoup, sans plus. Alors je décide de ne pas y croire et je continue à parler.
Aimi : (Cassante) Et alors ? J'en ai rien à faire que c'est An Cafe ! (Se dirige vers les bagages)
Tout le monde : O_O
Aimi : (Prend sa valise et l'ammène devant la porte tout en parlant) Chaque individu est égal à un autre. Devant la loi et selon les droits de l'homme, n'importe quel être humain est égal à un autre et ne doit avoir aucune supériorité. Alors que ce soit An Cafe, le président des Etats-Unis, mon père, ta mère, un petit gosse, j'en ai rien à fiche, RIEN DE RIEN ! C'est MA villa, MA villa, t'entends ?! >_< Je la voulais, je la voulais, je l'ai eue et j'en ai rien à fiche que An Cafe ou ce satané président veut me l'enlever, moi c'est MA villa et j'en ai rien à fiche de ce que vous dites ou faites, vous n'aurez pas MA villa ! >_<
Je les regarde chacun à leur tour, à bout de souffle. Je fixe le garçon qui ressemble beaucoup, voir trop, à Miku ! Je commence à paniquer. C'est vrai qu'ils leurs ressemblent de trop ! Lui, avec son air mature et ses cheveux noirs... Teruki ! L'autre avec ses boucles et ses lunettes, Yuuki ! Lui, avec ses cheveux roux rouges, Takuya ! Et celui avec ses cheveux noirs et ses mèches rouges ! Kanon ?! Non je rêve ! Je me retourne une nouvelle fois vers le pseudo Miku. Il me regarde incrédible. Oh non, quelles sont toutes ces choses que j'ai dite ?! Ils vont penser que je les respecte pas ! Non non ! Jamais de ma vie je n'aurais pensé les rencontrer de cette manière. Ils sont impassibles, à part "Miku" qui se retient de rire tant bien que mal, mais j'entends sa respiration irrégulière qui montre qu'il doit bien se marrer, mais il garde un air fort étonné. Je secoue la tête assez vite et résultat, elle tourne. J'ai le vertige. Je me rattrape maladroitement à ma valise mais je fais une chute digne de passer à la télé. Ma tête cogne violamment le sol et fait un bruit sourd. Je dévale les petits escaliers qui mène à la porte de la villa et me cogne encore plus violamment la tête contre le petit muret à côté du portail ouvert, là où se trouve ma meilleure amie et les garçons, et je finis en m'écroulant sur le sol dur. Ayu' pousse une exclamation et se précipite vers moi et s'agenouille à mes côtés.
Ayumi : (Inquiète) Ai' ? Ai' ?
Aimi : (Nauséeuse) Ouaiiis... quoiii...
Ayumi : >_< ! Ai' t'as mal où ?
Aimi : Tête... Ayu'... je crois que je vais sombrer là...
Ayumi : O_O Heu Ai' arrête de raconter tes conneries là ! >_<
Aimi : ...
Je sens des bras puissants m'entourer et me soulever très facilement du sol. Ce dont je suis sûre, c'est que ce n'est pas Ayu'. Bizarrement, je me sens bien... très bien même. Je me laisse abandonner contre ce torse plein de chaleur, et ensuite, c'est le trou noir.